lundi 29 août 2011

On n'est riche que de ses amis !

Grand Raid des Pyrénées 2011


Pour vous faire partager mon superbe we, je vais commencer par la fin !

Que me reste-t-il de cette aventure près de 48h après avoir franchi la ligne d’arrivée ?
  • Côté physique, la rotule gauche est encore bien sensible mais étonnamment aucune contracture ni douleur musculaire (je n’ai pas connu non plus de crampe pendant la course).
  • Côté mental, si j’avais terminé l’UTMB (il y a deux ans) avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’un peu définitif, d’être allé jusqu’au bout de mes possibilités. Ce coup-ci il n’en n’est absolument rien. J’ai faim de km ! Mon final, handicapé par cette rotule récalcitrante, y est certainement pour beaucoup, car après 35h de bagarre, être obligé d’effectuer 12km de descente en 2h30 c’est excessivement frustrant (j’ai mis 10mn de moins à les monter la veille). J’ai perdu au bas mot 10 places et surtout (et c’est le plus rageant) au moins 1h sur mon chrono final. Donc j’ai très envie de courir aussi paradoxal que cela puisse paraitre et j’ai déjà l’œil rivé sur les prochaines échéances et surtout sur les adaptations à apporter à mon entrainement afin d’abaisser ce chrono lors du prochain Ultra.

35h10 c’est tout de même inespéré, même s’il faut préciser que la course ne faisait plus que 152 km et un peu plus de 9200 m de dénivelé après la suppression de la partie finale du Pic du midi (pour laquelle j’avais projeté 2h pour l’aller/retour). Au final j’aurais donc dû mettre 37h10 si le parcours avait été complet, soit en dessous de mes estimations fixées à 38h (classement 168eme/823 inscrits). Je suis donc content, surtout qu’encore une fois je me sens en pleine forme et que la nuit blanche (une seule cette fois) se récupère très vite.

Pour vous parler un peu de la course, les organisateurs nous ont flanqués à tous une belle frousse la veille du départ en nous annonçant des conditions cataclysmiques. Du coup j’ai passé une nuit excessivement agitée et donc peu reposante (mais pour en avoir discuté avec des camarades pendant la course, nous étions nombreux dans ce cas).

Le départ retardé de 2h pour cause d’orage est donné sous une chaleur très lourde (certainement plus de 20°). De mon côté je vais vivre difficilement ces premières heures car la machine a du mal à se lancer. Je me sens fatigué et sans beaucoup d’énergie…. Heureusement cela ne va pas durer. Le premier col est terrible et il n’y a pas de temps de récupération : le ton est donné ! Petit à petit la météo va évoluer dans le sens craint par les organisateurs. Je vous cite un extrait du site des UltraFondus : "La première partie de course a été particulièrement éprouvante en terme de conditions météos pour l'ensemble des coureurs de l'ultra, avec du froid, de la pluie et de la grêle."
Je vais même rajouter quelques bonnes rafales d'un vent glacial et bien sûr un peu de neige histoire de faire encore plus apocalyptique (on annonce -5° sur certains sites). Beaucoup vont abandonner au col de Sencourt (au pied du Pic du Midi, zone la plus critique). Mais comme sur l'UTMB il y deux ans lorsque vous êtes concentré sur votre objectif, je ne vais pas dire que rien ne vous affecte, mais pas loin. Tellement qu'en écoutant les commentaires des coureurs et des bénévoles lors des ravitaillements ou à l'arrivée et en lisant les articles ce matin, je me dis que oui, peut-être, les conditions étaient compliquées, mais sincèrement j'en ai que peu souffert. Bien couvert, bien nourri et surtout bien soutenu (merci Véro, Agnès et Pierre-Alain !!!) ça passe !
Ensuite je ne vais pas vous compter par le menu les enchainements des cols, des pics et des descentes de jour comme de nuit, il y en a eu quelques-uns... ! On m’avait promis un terrain beaucoup moins roulant et beaucoup plus technique que sur le Mont Blanc : je vous le confirme. Les passages dans les pierriers voire dans des dédales de gros rochers sont nombreux et souvent périlleux. On laisse beaucoup d’énergie à chercher en permanence la meilleure trajectoire.
Les portions de montagne vont bien s’enchainer, rythmées par les ravitaillements et les temps réparateurs passés auprès de mes fidèles supporters. Les paysages autour de moi sont extraordinaires. Le jour, les sommets et les cols débouchent sur des lacs plus merveilleux les uns que les autres et la nuit les longues portions de solitude obscures dans les bois alternent avec les ascensions « à découvert » pendant lesquelles vous apercevez les chapelets lumineux des lampes frontales des participants qui s’étirent à flanc de montagne….. SUBLIME !


Petit à petit je me suis rapproché de l’arrivée jusqu’à un moment un peu plus magique que les autres. Le ravitaillement de Tournaboup marque la jonction avec la course de 80 km (partie 24h après nous). Je fais le plein d’eau lorsque je sens la clameur du public qui annonce l’arrivée du premier du 80km qui n’est autre que le mythique Dawa Sherpa très largement en tête.
J’en profite pour prendre une photo avec lui et surtout je m’empresse de sortir de la tente de ravitaillement avant le champion en criant à qui voulait l’entendre que j’étais devant Dawa et qu’il fallait marquer l’évènement. Moins de 5 mn plus tard il me doublera en pleine pente à une vitesse incroyable mais sans oublier de m’encourager au passage de la voix et du geste …. FABULEUX !

Je ne vais pas vous dire que cette dernière partie fut simple, mais la proximité de l’arrivée et le soleil (enfin) font oublier bien des maux.

Je vais terminer mon compte rendu par le plus important : la dimension humaine.
C’est classique de tenir ces propos mais c’est tellement important d’avoir tout au long du parcours tous ces bénévoles qui consacrent leur we (et plus encore) à nous servir et nous aider dans des conditions souvent très difficiles.
Je tiens surtout à vous remercier un par un pour tout le soutien que vous m’avez apporté avant pendant et après la course. J’avais rédigé le petit mail que je vous avais adressé avant mon départ en espérant retirer des énergies positives de vos retours…. ce fut tellement au-delà de mes espérances !
Vous m’avez inondé de bonheur et vous m’avez souvent ému aux larmes MERCI DU PLUS PROFOND DE MON CŒUR !
Que dire de votre soutien tout au long de l’épreuve : les coups de fils, les SMS et les mails : INDISPENSABLE !


Ma dernière pensée va à mes trois accompagnateurs qui m’ont fourni plus de 50% de l’énergie nécessaire à l’accomplissement de cette boucle… et qui ont bravé la nuit, le froid et le manque de sommeil.



En récapitulant cette petite épopée je me surprends à ne me remémorer que les moments positifs en oubliant les multiples bobos, les moments de doutes, le froid, l’altimètre en panne dès le 1er km…


Ce qui va suivre ne sont pas que des mots : vous m’avez apporté la confiance et cette certitude mentale forcement indispensable pour ce genre d’épreuve.
Je n’ai jamais songé ne serais-ce qu’un instant à arrêter et cela je vous le dois à vous tous …


SINCÈREMENT MERCI !!!

Lien vers l'article sur le site de Mazères

 

8 commentaires:

  1. Salut Michel!
    Ca donne vraiment envie d'y aller ton compte rendu!
    Bravo pour ce we qui force l'admiration. J'etais à Kinshasa, je n'ai pas pu me connecter pour te suivre comme lors du trail des citadelles, j'étais donc impatient de te lire.
    A bientot de te revoir pour en causer de vive voix!
    JF

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  2. Merci Michel pour ce compte rendu qui fait rêver et surtout BRAVO pour ta performance.
    Félicitations aussi à Agnes, Pierre Alain et Véro pour leur courage et leur assiduité.

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  3. bonjour
    le fait d'avoir pût suivre Michel et Agnés tout au long de cette épreuve m'a ouvert les yeux sur ce monde de l'Ultra Trail et sur ses valeurs morales et sportives qui s'en dégagent,cela dépasse largement le cadre sportif que je connais,c'est autre chose...cela mérite réflexion de ma part ...(et de la vôtre aussi)
    Merci Michel et Agnés
    PA

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  4. Bonjour Michel et Agnès.

    Bravo Michel,on ne peut rester qu'admiratif face à un tel exploit.
    Bravo aussi Agnès pour le soutient indispensable à cette réussite.
    ça redonne de la motivation pour le marathon et ça donne encore plus envie de se dépasser.
    Merci à tous les deux.

    Pierre

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  5. que dire apres ces commentaires des collegues si ce n'est encore un grand bravo a tous les deux pour cet exploit,et meme apres rflexion je pense que ces genres de trails sont reservés a des grands champions et on peux etres fiers dans avoir un au sein de MCP

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  6. desolé j'ai oublie de signé le commentaire NITO

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  7. Coucou Michel,
    NOus rentrons de vacances mais nous avons suivi tes exploits grâce à Véro et Pierre Alain.
    Tu es pour nous un trés grand sportif et surtout un grand champion, un grand maitre......
    Félicitations à Agnes pour son accompagnement
    On est fier de vous et comme dit Nito de vous avoir au sein de club
    Cathy et David

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  8. Que dire, juste un GRAND et BEAU B R A V O!!!!

    et encore une fois Felicitations
    jerome

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